Le Liberté La saison

Clément Baloup

Hall du théâtre

Mémoires de Viet Kieu | bande dessinée


Entrée libre

Co-voiturage

L’univers de Clément Baloup est peuplé d’images, de sons et de couleurs qui tracent le portrait d’une vaste communauté vietnamienne en exil. Les trois volumes de Mémoire de Viet Kieu (2006-2016), ainsi que l’enquête menée avec Pierre Daum Les Linh Tho, immigrés de force (2017), dessinent les contours d’une mémoire enfouie que les outils de la bande dessinée font émerger au présent. La mise en image de ces multiples récits, témoignages historiques et notes autobiographiques rendent vie à ce qui avait perdu toute forme, toute trace : les méandres des souvenirs, les absences de la mémoire comme l’exil des émotions. En ce sens, la bande dessinée est le parfait outil de cette reconquête émotionnelle et historique parce qu’elle emprunte aux mots comme au dessin et offre l’occasion d’une approche inédite de ces territoires enfouis : les souvenirs des paysages et des couleurs, la forme d’une fleur ou d’un plat sont ainsi toujours associés aux mots qu’ils font naître chez les nombreux protagonistes. En ce sens, la bande dessinée offre au lecteur l’expérience unique de voir sur la même page les paroles et les formes, Clément Baloup jouant subtilement du décalage entre les deux pour faire émerger les non-dits du récit.
Au cœur de cette œuvre foisonnante où se mêlent parcours de vies chaotiques, autobiographie et récits historiques, trois thèmes émergent qui sont des leitmotivs visuels et émotionnels : le corps, le langage et la présence constante, entêtante de la nourriture, qui assure le lien entre la mémoire et l’exil, le présent et le passé.


Justin Wadlow, Clément Baloup et la mémoire vietnamienne : formes et couleurs de l’exil

Né en 1978, CLÉMENT BALOUP entre à l’école des Beaux-Arts d’Angoulême en 1997 et y rejoint la section BD. Ces cinq années en Charente enrichissent tant sa perception que sa pratique de la bande dessinée. En 2000, il monte avec ses colocataires La Maison qui pue, un collectif touche-à-tout qui lui permet de publier ses premières planches. Un éclectisme que Clément Baloup a conservé puisque, outre ses travaux intimistes (Un automne à Hanoï et Quitter), ce jeune auteur marseillais a également réalisé les scénarios d’œuvres davantage tournées vers l’aventure : La vie en rouge pour Domas (2 tomes parus à La Boîte à bulles) et les très remarqués Chinh Tri (2 tomes parus au Seuil) et Diables sucrés pour Mathieu Jiro (Gallimard – sélection Angoulême 2010). Avec Mémoires de Viet Kieu, T.1, Quitter (publié puis réédité en version augmentée à La Boîte à bulles), il obtient son premier prix d’importance : le Prix du jury oecuménique de la bande dessinée, à l’occasion du Festival d’Angoulême 2011.

Vernissage jeudi 7 février à 18h30 en partenariat avec la Société Ricard.