Le Liberté La saison

Birds of Prey

Salle Daniel Toscan du Plantier

Durée : 12 min

Victoire Thierrée


Entrée libre

Le travail présenté par Victoire Thierrée nous immerge dans la base militaire nucléaire française de Saint-Dizier. La vidéo donne à voir un univers méconnu, souvent secret.

Birds of Prey s’articule autour du récit d’un pilote de chasse, Michael J., ayant vécu une grave collision avec un oiseau lors de sa première mission en opération extérieure. Il raconte le chaos, la chair et le sang qui s’infiltre dans sa cabine de pilotage, la perte de contrôle de l’avion à 800 km/h. Le récit du pilote d’avion de chasse est la colonne vertébrale de cette vidéo, et vient contraster avec les images douces et organiques de la base militaire. Elle pointe la violence liée à l’accélération technologique de notre monde. La « collision aviaire » est le principal danger auquel les avions sont exposés. Depuis 1980, l’armée a mis en place des fauconneries dans chaque base aéronautique pour que ces « oiseaux de chasses » tuent ou effraient les autres oiseaux ayant élu domicile autour de la zone, et permettent aux avions de décoller sans danger. Des faucons et des aigles sont ainsi dressées par les militaires afin de leur permettre de contrôler leur territoire et de protéger leurs machines de guerre. La surveillance et la protection aérienne de la base militaire reposent sur le rôle des oiseaux qui, comme les drones de combat, planent à la recherche d’une cible potentielle. L’artiste montre les contradictions de cet espace : si la forêt, les champs cultivés et les grandes étendues silencieuses qui enserrent la base militaire lui permettent d’être protégée des intrus et des curieux, cette frontière avec le monde réel finit par devenir elle-même un risque de perturbation, voire la principale menace, de la machine militaire. La lévitation résonne plastiquement et politiquement dans cette installation vidéo. Le double sens du titre de l’œuvre nous l’indique : Birds of Prey signifie aussi bien l’oiseau de chasse que le drone de combat. Ce vol au-dessus de la base militaire est le prisme par lequel l’artiste souhaite montrer comment les hommes ne peuvent se passer de la Nature pour contrôler leurs propres créations technologiques. L’artiste met en avant l’absurdité d’une volonté de contrôle qui finit toujours par se retourner contre elle-même.

Les expositions et installations au Liberté sont accessibles du mercredi au samedi de 11h à 19h, le dimanche de 14h à 17h et en nocturne le jeudi et le vendredi.

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Du 30 janvier au 3 février 2019, Le Liberté reprend ses explorations à la croisée des mondes, entre réalité sensible et réalité numérique. Le Festival Numérique devient Le Liberté Parallèle – Biennale des imaginaires numériques et rejoint la plateforme de coproduction et de diffusion CHRONIQUES, soutenue par la région Sud – coordination Seconde nature et ZINC.